Ça va mal et ça menace d'empirer

Le récente note de l'IEDOM consacrée au secteur du BTP (Note Expresse, n° 521, août 2018) conclut à une mutation de la demande à laquelle les entreprises sont invitées à s'adapter.

Ce propos relève davantage de l'étude de marché que de l'analyse économique. Le problème est celui de la baisse de la commande publique, une baisse qui ne signifie pas que les besoins en équipements publics ont diminué. Les retards à combler sont énormes et si la loi pour l'égalité réelle est autre chose qu'une promesse sans lendemain, l'État devra assumer ses responsabilités.

Car, du côté des collectivités locales qui assument 80% de l'investissement public, l'espoir d'une relance est bien faible. Les dépenses d'équipement de la Collectivité Territoriale de Martinique ne représentent, au compte administratif de 2017, que moins de la moitié des opérations financées par la région et le département en 2015. Et les subventions d'équipement qui soutenaient les investissements d'es autres agents de l'économie ont reculé de plus du tiers. Le constat est le même pour les communautés de communes dont les dépenses directes d'équipement ont diminué de 34%.

Au total, en 2017, les dépenses d'investissement des collectivités locales ont reculé de 31,2%. Ni l'État, ni les hôpitaux ne sont en reste : leurs investissements ont diminué respectivement de 5,2 et 7,6%.

Au moment où le marché s'effondre, les dispositifs qui soutenaient la demande des plus défavorisés et qui réduisaient les coûts des entreprises sont systématiquement remis en cause. Après la suppression de l'aide à l'accession en décembre 2017, le projet de loi des finances pour 2019 vise l'aide à la rénovation de l'habitat.

 Dans ces conditions, le projet de suppression brutale de la TVA non perçue récupérable et de la réduction de la taxe sur le gazole non routier prend l'allure d'un coup de grâce. L'augmentation des coûts pour les carrières et les entreprises de terrassement et de génie civil devrait se répercuter sur toute la chaîne de la construction et se traduire, à enveloppes égales, par une diminution du volume des travaux.

Mais il y a aussi à craindre, sur un marché où les donneurs d'ouvrage sont maîtres du jeu, que ces coûts supplémentaires soient laissés à la charge des entreprises qui seront, une fois de plus, les dindons de la farce.

Steve PATOLE, 
Président du SEBTPAM