Commande publique en Martinique : deux ou trois choses qu’il faut savoir

Le baromètre de la commande publique, publié par l’Association des Communautés de France (AdCF) et la Caisse des Dépôts et Consignations (CDC), repose sur l’exploitation des avis d’attribution de marchés publics.

 La commande publique en Martinique, c’est, en 2017, 1 481 € par habitant, 31% de plus que la moyenne nationale. Notre collectivité se classe en seconde position, derrière la Corse qui jouit, apparemment, de faveurs exceptionnelles : avec une population inférieure de 15%, elle bénéficie d’une commande publique plus élevée d’un tiers que la Martinique et de près de deux fois supérieure à la moyenne nationale.

De 2012 à 2016, la commande publique a diminué de 29% en France et de 31% en Martinique. De toutes les régions de France, c’est la Martinique qui connaît la plus forte reprise en 2017 : + 16,7% , contre 6,7% en Guadeloupe et 0,5% en Guyane. Les travaux de construction (Bâtiments publics et aménagement ; Environnement dont eau, assainissement, déchets, énergie ; Logement et habitat) représentent un peu plus de la moitié du total (53,5%), soit 295 M€.

Ces chiffres semblent contredire les comptes économiques de l’Insee qui indiquent, pour 2017, une contraction des investissements publics et des dépenses de fonctionnement de l’État. Il y va d’une question de périmètres : certains organismes soumis au respect des règles de la commande publique (les établissements publics industriels et commerciaux ou les bailleurs sociaux) ne font pas partie des administrations publiques retenues par les comptables nationaux.

En 2018, les chiffres ont malheureusement été regroupés pour les trois collectivités françaises d’Amérique. Si la progression est uniforme dans l’ensemble régional (+ 24, 7%), la Martinique aura retrouvé en 2018 un montant de la commande publique analogue à celui de 2012.

Mais la commande en travaux ne représente plus que 34,5% du total et aura diminué en valeur absolue de près de 20%. L’impact de la crise financière et de l’effondrement de l’investissement des collectivités locales commence à se faire sentir.

Steve PATOLE, 
Président du SEBTPAM