LE MOT DU PRESIDENT DU SEBTPAM

En cette rentrée 2017, trois questions me paraissent essentielles dont j'espère qu'elles donneront lieu à des débats constructifs.

La première concerne les relations de la profession avec la Collectivité Territoriale qui semble désormais en ordre de marche. La susceptibilité des responsables politiques en période de campagne électorale n'a plus de raison d'être. La CTM n'est pas une forteresse assiégée et ses dirigeants doivent se souvenir que le vote des martiniquais en faveur de la fusion des deux assemblées portait l'espoir d'une meilleure coordination des centres de décision locaux, au bénéfice, notamment, des acteurs de l'économie. L'urgence tient en deux mots : transparence et concertation.

L'initiative prise par Yan Monplaisir, Premier vice-président de l'Assemblée territoriale, de nous rencontrer et de nous écouter est de bon augure. Gardons-nous, toutefois, de pécher par excès d'optimisme.

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Les marchés attribués à des entreprises portugaises ou italiennes font l'actualité. On reproche aux syndicats qui manifestent d'accepter les subventions européennes tout en refusant les européens. L'argument est infect, par les sous-entendus qu'il véhicule. Contentons-nous de répondre que nous revendiquons le droit, en tant, précisément, que citoyens de l'Europe, d'en contester certaines règles.

J'entends dire aussi qu'il s'agit de concurrence entre multinationales. Il ne faut, pourtant, pas toutes les mettre dans le même sac. Certaines choisissent l'implantation durable, supportent les contraintes et les coûts de la permanence ainsi que les aléas de l'activité. Elles sont pleinement intégrées dans le tissu local. D'autres jouent la carte de la mobilité internationale et n'ont de permanent qu'une équipe légère, attachée à rechercher les bons coups, habile à sélectionner, le moment venu, les solutions les moins onéreuses.

C'est la vieille histoire du renard libre dans un poulailler libre.

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Nombre de nos collègues s'inquiètent en privé et, parfois, sur les réseaux sociaux, de l'unité de la profession.

Unité, oui, mais dans quel but et comment ?

Le débat pourra s'engager, par la confrontation de projets clairs. On en est, malheureusement loin.

Steve PATOLE, 
Président du SEBTPAM