Où en sommes nous ?

Les derniers chiffres connus de la conjoncture n’incitent pas à l’optimisme. L’enquête de l’Iedom relative au 3ème trimestre 2018 fait état d’une forte détérioration de l’indicateur du climat des affaires et de prévisions d’investissement en recul pour le 4ème trimestre consécutif.

Signe et, pour une part, explication de la faiblesse du dynamisme de notre économie, le rapport, début novembre, sur l’état d’avancement de la consommation des fonds européens affiche un taux de programmation proche de la moyenne nationale, mais un taux de certification inférieur de 40%, ce qui dénote une lenteur inquiétante dans la réalisation des opérations. Le bilan dressé à l’occasion du séminaire organisé par le Commissariat Général à l’Egalite des Territoires sur le volet urbain de la programmation européenne, le 27 novembre dernier, place la Martinique en tête des quatre ou cinq régions en grande difficulté.

Comment comprendre que sur les ondes et à longueur de débats à l’Assemblée territoriale, des hommes et des femmes en charge des affaires de notre collectivité s’emploient à contester la crise de notre secteur d’activité ? Les ventes de ciment ne seraient plus, selon eux, un bon indicateur en raison de la montée en puissance de nouveaux matériaux (bois, acier, verre) et ils mettent en avant le nombre élevé de marchés attribués par la collectivité. Ne leur déplaise, le bois et l’acier n’expliquent pas l’effondrement du nombre de mises en chantiers et les marchés dont il est question sont de faible volume unitaire et, mis bout à bout, n’alimentent qu’assez peu l’activité des entreprises.

Ces adeptes de la méthode Coué (qui consiste, comme on sait, à se forcer à l’optimisme, y compris en se mentant à soi-même et aux autres) seraient bien inspirés de prêter davantage d’attention aux comptes administratifs qu’ils ont votés. L’important recul de l’investissement de la CTM semble devoir se prolonger en 2019 : les crédits de paiement réservés aux investissements dans le budget primitif diminuent de 8,5% et le poste le plus touché est l’Aménagement des territoires et Habitat (-34%), celui qui, précisément, concerne le plus l’activité des entreprises de BTP.

Que pouvons-nous attendre ?

L’horizon n’est pas dégagé. Nous ne mesurons pas encore l’impact du détricotage entrepris par l’État des mesures de soutien aux entreprises. Nous ne disposons pas d’informations sur les contrats de convergence qui seraient en cours d’élaboration.

Mais l’heure n’est pas au découragement. S’il est vain d’attendre une relance massive de l’activité, nous restons tous convaincus qu’il est possible de faire beaucoup mieux avec les moyens disponibles. Nous avons à exercer notre vigilance critique, à nous montrer force de proposition, à nous poser en interlocuteurs et partenaires incontournables. Et, sans aucun doute, en ce climat pré-électoral qui s’installe déjà, à faire appel au tribunal de l’opinion.

Meilleurs vœux à tous. Pour vous, vos familles, ceux que vous aimez, vos entreprises et vos collaborateurs.

Steve PATOLE, 
Président du SEBTPAM