Edito

ÉTAT D'URGENCE

C’est la saison des vœux, mais que peuvent valoir des vœux lorsque l'avenir semble aussi sombre qu'il l'est aujourd'hui pour notre profession ?

Le rapport de la Cour des comptes sur les finances communales des DOM ne laisse pas de grands espoirs de ce côté et les récentes annonces de notre collectivité territoriale ne sont pas de nature à rassurer : une tranche d'emprunt de 60M€ a été annulée et les documents publiés à l'occasion du bilan de l'institution nous promettent , pour 2018, une division par deux des investissements de 2017 dans le BTP.

La lecture de la dernière note de conjoncture de l'Iedom, relative au 3ème trimestre 2017, égrène des titres éloquents : le marché de l'emploi se dégrade ; la consommation manque de vigueur ; des prévisions d'investissement moins dynamiques (un doux euphémisme) ; des échanges extérieurs en baisse (tant les exportations que les importations). Il n'y a guère que le tourisme où le courant d'affaires est favorable, mais nous en savons les raisons toutes conjoncturelles. Autant dire qu’il n’y a pas beaucoup à attendre de la commande privée.

En somme, la Martinique va mal. Elle va même très mal si on prend en compte la catastrophe démographique en cours.

Pourtant, je n’ai pas perçu le moindre écho de cette situation dans la parole des hommes publics qui se sont répandus sur les ondes à l’occasion du nouvel an.

Ce que je souhaite à notre profession,  c’est une prise de conscience salutaire, chez ceux qui nous dirigent, de la gravité de la crise et de la nécessité de mesures urgentes.

Une relance des travaux dans des domaines où il y a tant à faire – l’assainissement, le confortement parasismique, la résorption de l’habitat indigne – serait, sans doute, le moyen le plus efficace d’éviter le pire.

 

Steve PATOLE, 
Président du SEBTPAM