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Edito

Les faux-semblants de la reprise

L’augmentation de l’emploi et l’explosion des autorisations de construire paraissaient amorcer une relance de notre secteur en 2018. Les enquêtes de conjoncture de l’Iedom traduisaient le regain d’optimisme des chefs d’entreprise : la majorité d’entre eux affichaient un sentiment positif sur leur activité et prévoyaient d’investir. Les chiffres arrêtés à la fin du 1er trimestre 2019 donnent à penser que la reprise a fait long feu. Les mises en chantier n’ont pas suivi, et de loin, les autorisations de construire. Le nombre de logements financés sur la LBU a fortement reculé en 2018. Les ventes de matériaux de construction, comme les crédits immobiliers, stagnent ou reculent.
Le pessimisme reprend du terrain dans la profession : après la remontée du second semestre 2018, les prévisions d’investissement se sont effondrées au premier trimestre 2019.

Les nouvelles récentes vont-elles changer la donne ? Les engagements du Contrat de convergence et de transformation, le plan annoncé par la ministre des outremers à l’issue de la Conférence logement, le plan d’investissement du Groupe Action Logement ; le retour, également annoncé, de l’APL accession…, autant d’éléments dont la conjugaison pourrait relancer, enfin, l’activité.

Mais quand ? et comment ?

L’opacité (c’est, ici, une véritable culture) règne sur les intentions des maîtres d’ouvrage publics.
L’horizon n’est pas dégagé. Et les nouvelles menaces sont, elles aussi, bien présentes. Après l’augmentation du versement transport et la suppression de la TVA NPR, voici venir la taxation du gazole non routier, la suppression de l’abattement pour frais professionnels, le rabotage des exonérations de charges sociales. A quoi s’ajoute l’inaction des autorités dans la gestion des déchets de chantier, illustration symbolique de l’absence d’accompagnement dont souffre notre secteur.

 

Steve PATOLE, 
Président du SEBTPAM