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Edito

SORTIE DE CRISE ?

En novembre dernier, nous nous étions montrés réservés face à l’annonce d’une reprise dans le BTP et nous soutenions que les tendances à l’œuvre rendaient probables, après un bref rebond, une nouvelle dégradation de la conjoncture.

Les chiffres publiés par l’Institut d’émission pour le 4ème trimestre 2019 confirment (malheureusement) notre point de vue. Sur l’ensemble de l’année, la plupart des indicateurs disponibles dans le domaine de la construction sont en recul (ventes de ciment, autorisations de construire, ouverture de chantiers, crédits immobiliers aux entreprises …).

On aurait tort de juger cette information anodine au regard de l’état de catastrophe créé par le covid-19. L’impact de la crise est plus important sur des entreprises déjà fragilisées et la sortie de crise qui sera longue, plus difficile.

Un des aspects cruciaux de la reprise est l’inévitable assèchement des finances des collectivités locales. La baisse des importations et de l’activité affectera les ressources de la fiscalité locale et, singulièrement, le produit de l’octroi de mer qui représente environ 30% des recettes de fonctionnement des communes et 10% de celles de la CTM.

Les ressources d’investissement, touchées, elles aussi, seront, vraisemblablement, utilisées pour le fonctionnement courant et, singulièrement, les charges de personnel.

Des appels d’offres seront repoussés, la réalisation de marchés suspendue et les délais de paiement des entreprises sont menacés d’explosion.

Cette situation appelle des mesures exceptionnelles.

Il n’est pas trop tôt pour y penser. Le risque est celui d’une descente aux enfers des entreprises de BTP, mais avec elles, des productions et services qui en dépendent directement (production et commerce de matériaux de production, transport, industrie…) ainsi que la vingtaine de milliers de ménages qui en tirent leurs revenus.

Steve PATOLE, 
Président du SEBTPAM