Où en sommes-nous ?

L’Iedom nous a proposé une mesure de l’impact de la crise sanitaire sur le chiffre d’affaires des entreprises de notre secteur en 2020.

73% des entreprises interrogées avaient enregistré une baisse d’activité supérieure, pour la moitié d’entre elles, à 25%. Et un peu plus du quart des entreprises avaient vu, au contraire, leur chiffre d’affaires augmenter de 0 à 24%.

L’Institut d’Emission et l’Insee précisent ce diagnostic[1]. Au 1er trimestre 2021, la reprise n’est pas encore au rendez-vous. Mais plusieurs facteurs nourrissent l’optimisme des entrepreneurs. En premier lieu, le rattrapage des chantiers reportés de 2020 (leur nombre, dans le logement, avait reculé de 34%) et, surtout, les perspectives ouvertes par les plans de relance qui devraient prendre appui sur la construction. Ces attentes expliquent sans doute le chiffre important des créations d’entreprises en 2020 (239 sociétés et 45 entreprises individuelles) qui déploient leur activité dans les domaines de la réhabilitation, de la rénovation et de l’entretien dont on perçoit, sur le terrain, l’importance, mais pour lesquels on ne dispose d’aucune mesure. L’emploi a retrouvé son niveau de 2015 (en effectif, mais peut-être pas en volume d’heures travaillées, si on tient compte de la persistance du chômage partiel) et le travail intérimaire a bondi de près de 70%, dont, sans doute, une part importante dans le BTP.

La reprise semble donc à nos portes, mais elle n’est pas assurée. Nous aurons à batailler sur plusieurs fronts.

Celui du social, d’abord qui n’est pas le plus inquiétant : les négociations sont en cours dans un esprit responsable et nous avons des raisons de ne pas craindre les turbulences qu’on voit poindre ici et là.

Ls relations avec les clients et, tout particulièrement, les maîtres d’ouvrage publics, ensuite. Ici se posent les questions concernant les délais de paiement, les retenues de garantie, la prise en charge des surcoûts résultant des mesures de sécurité sanitaires ou de la flambée des prix des matières premières, la répression du travail illégal.

La solution à tous ces problèmes dépendra beaucoup de la qualité des relations que nous saurons entretenir avec la nouvelle équipe dirigeante de la CTM. Nous savons, d’expérience, que les intentions affichées par les candidats sont rarement tenues après leur élection, mais nous nous rassurons un peu en songeant que ces relations ne peuvent pas être pires qu’au cours de la mandature qui vient de s’achevé.

Le dernier front, le plus important, peut-être, est interne à notre profession. Nous devons réussir à taire les divisions subalternes et à parler, sur l’essentiel, d’une même voix. A cet égard, je place de grands espoirs dans le renforcement de notre cellule économique de la construction. Son expertise s’imposera dans le débat publics et, en outre, elle est un espace fédérateur au sein duquel les échanges réguliers entre organisations professionnelles aplaniront bien des difficultés.

La promesse par l’ancien président de la CTM d’une contribution au fonctionnement de la cellule n’a pas été tenue. Son successeur tient là l’occasion d’un signal fort à notre profession.

Steve PATOLE, 
Président du SEBTPAM


[1] Notes trimestrielles de conjoncture no 15 - L’emploi salarié reste bien orienté - paru le 8 juillet 2021

 Bilans économiques no 14 - Bilan économique 2020 - Martinique - paru le 8 juillet 2021

  Iedom, Tendances conjoncturelles, Annexes statistiques, 1er trimestre 2021