Un nouvel état d’esprit s’impose qui n’hésite pas à critiquer le pouvoir poli… 20Cela reste exceptionnel. Les tentatives faites pour utiliser des critères plus objectifs font surgir d’autres problèmes : comment déterminer le critère en question et selon quels seuils faire les découpages ? De plus, il est évolutif, ce qui n’est pas sans conséquence sur la distribution des statuts sociaux de la paysannerie. Sous Louis 14, c’est l’âge d’or de la gastronomie, du made in France et de la mode. Il n'y a pas d'obligation scolaire donc la plupart des enfants arrêtent d'aller à l'école vers 8 ans pour travailler avec les parents ( un enfant gagne la moitié du salaire d'un adulte Il existe aussi le cas des enfants mis en nourrice à la campagne. 30 Neeson Jeanette M., Commoners : Common Right, Enclosure and Social change in England (1700-1820), Cambridge, CUP, 1993, xiv-384 p. 31 Poussou Jean-Pierre, La Terre et les paysans en France et en Grande-Bretagne aux xviie et xviiie siècles, Paris, SEDES, 1999, 608 p. 32 Béaur Gérard, « Les catégories sociales à la campagne : repenser un instrument d’analyse », Annales de Bretagne et des Pays de l’Ouest, 1999, 1, p. 159-176 ; Antoine Annie (dir. Les divertissements populaires tels que les foires ou les tournois de chevaliers 4. Elles tiennent à trois raisons : les modifications du statut de la terre (ce qui a déjà été évoqué), le phénomène des enclosures et le développement du marché. Les seuils sont variables en fonction des caractères de l’agriculture de chaque région. Aussi voit-on les paysans diversifier leurs revenus, se tourner vers des activités demandant moins de main-d’œuvre comme l’élevage ou permettant d’utiliser à plein leurs animaux, comme le transport, ou bien placer leur argent en rentes constituées. ), Les Formes de l’expérience. 17Ces différentes catégories se retrouvent, dans des proportions diverses, dans toutes les régions d’Espagne et d’ailleurs ; elles forment toujours une forte proportion des effectifs des villages. Les cottagers sont souvent des commoners qui complètent les revenus de quelques parcelles (louées plutôt que possédées) de l’usage de droits dans les commons. Les concessions avec une durée déterminée (for life) se divisent en tenure of grantee (pour la durée de la vie du tenancier) et pur aûtre vie (la vie du tenancier, de sa femme et de ses héritiers). Elle est située au centre du royaume, à mi-chemin entre les pays de petite et moyenne exploitation, entre l’Andalousie et l’Estrémadure, là où règne, avec des nuances toutefois, le grand, voire l’immense domaine. Nous étudierons successivement : 1. "Discours des États de France", Guy Coquille (1588) : les États Généraux sont-ils une entrave à la souveraineté royale ? Ce sont les brassiers et journaliers de Tourraine, les journaliers du Maine, les bêcheurs et hommes de peine de l’Anjou… Ce sont aussi de très nombreux salariés plus ou moins spécialisés que l’on rencontre en pays de grande culture, hommes à tout faire mais aussi charretiers et bergers. xvi-xvii), Ciudad Real, Instituto de Estudios Manchegos, 1986, 744 p. Saavedra Pegerto, Economía, política y sociedad en Galicia : la provincia de Mondoñedo, 1480-1830, Saint-Jacques-de-Compostelle, Xunta de Galicia, 1985, 700 p. Serra Eva, Pagesos y senyors a la Catalunya del segle xvii. 60Les évolutions sont particulièrement importantes en Angleterre. Il apparaît comme le type même de l’électeur rural et une partie des leasholders se fait aspirer par ce statut puisqu’il suffit de disposer d’un bien évalué à 40 shillings pour être autorisé à voter. 28Or, cette évolution favorable ne se produisit pas : la production de céréales, surtout celle de blé, baissa plus rapidement que la population. Tous les auteurs qui ont étudié la conjoncture du xviie siècle ont évoqué ce gonflement de la masse des pauvres et des errants lors des années de mauvaises récoltes36. Beaucoup plus courant est l’élevage des ovins puisque sur les 57 éleveurs qui le pratiquent, 44 possèdent plus de 500 têtes et 17 plus de 2 000. Mais il semble que l’accès aux communaux ait été beaucoup plus ouvert en Angleterre qu’en France et que tous ou presque pouvaient les utiliser, même s’ils n’étaient ni propriétaires, ni exploitants, ni même parfois réellement résidants dans la paroisse. Son idée principale, celle selon laquelle le paysan anglais contrôle beaucoup mieux sa terre parce qu’il a le pouvoir de décider que sa propriété sera partagée après sa mort et la liberté de la vendre ou de la donner de son vivant, cette idée n’a pas été sérieusement prouvée. Pour la Vieille-Castille qui nous servira de point de comparaison, cette baisse est brutale : la population diminue d’environ 40 % entre la fin des années 1580 et 1640 et par la suite, reprises et rechutes se succèdent, si bien qu’à la fin du siècle le niveau de la population est généralement inférieur à ce qu’il était vers 158023. Celui de labrador (laboureur), par exemple, peut désigner aussi bien un paysan aisé qu’un ouvrier agricole ; il est d’ailleurs absent des sources de l’époque. Au XVII° siècle, la majorité des Européens vit des activités agricoles de la campagne. Il est attaché durablement à une exploitation (les journaliers se louent pour 6 mois ou pour une année mais ils peuvent rester plusieurs années sur la même exploitation). cit., p. 154-158 et 418-435 ; Brumont Francis, « Société rurale et production agricole (xvie-xviie s.) », Sarasa Sánchez Esteban et Serrano Martín Eliseo (dir. Cette superficie augmente régulièrement du nord au sud de la péninsule, tandis que l’agriculture devient plus extensive. Évoquons rapidement d’abord les points semblables. 71Les historiens ont assez systématiquement fait du « laboureur » d’Ancien Régime un agriculteur aisé. The Transformation of the Agrarian Economy, 1500-1850, Cambridge, CUP, « Cambridge Studies in Historical Geography, 23 », 1996, xiv-258 p. Ruggiu François-Joseph, L’Angleterre des Tudors et des premiers Stuarts, 1509-1660, Paris, SEDES, 192 p. Scott William, The Peasantries of Europe, from the Fourteenth to the Eighteenth Centuries, Londres/New York, Longman, 1998, 416 p. Wrightson Keit, English society, 1580-1680, New Brunswick, Rutgers University Press, 1992, 1246 p. Barbazza Marie-Catherine, La Société paysanne en Nouvelle-Castille. Ce mouvement est engagé dès la seconde moitié du xviie siècle mais il ne faut pas pour autant exagérer le mouvement de disparition des petites fermes familiales qui restent nombreuses dans l’Ouest et le Nord du pays. Tous ont en commun de travailler une exploitation moyenne ou petite (5-15 ha ou jusqu’à 30 en pays de grande exploitation) et d’en vivre. Dès que l'enfant naît, il est emmailloté dans des langes pour que le corps se fortifie. Esquisse d'un tableau historique des progrès de l'esprit humain, 9e période - Condorcet (1793) - En quoi cet extrait illustre-t-il l'esprit des Lumières et la pensée révolutionnaire ? Même dans la première moitié du xviie siècle, la plupart des tenures non libres (celles que l’on appelle des copyholds) ne pouvaient être achetées ou vendues sans la permission du seigneur. Socialement on y rencontre de petits agriculteurs indépendants mais à faibles revenus. Localement cette catégorie moyenne représente soit la quasi-totalité de la catégorie des paysans (paysanneries de l’Ouest et du Sud-Ouest) soit une tranche intermédiaire entre fermiers et salariés. En Angleterre comme ailleurs, les paysans sont plus souvent exploitants (locataires ou tenanciers du sol) que propriétaires. « Marchand-laboureur », il vend des grains (les siens et aussi ceux qu’il achète à moins aisé que lui) et aussi du bétail, bœufs ou chevaux. Il faut renvoyer ici au portrait que Bernard Cottret trace de ce personnage dans son Histoire de l’Angleterre : le freeholder a trois raisons d’être satisfait : il est anglais, il est propriétaire et il est électeur. 26Le xviie siècle est marqué par de profonds changements sociaux qui affectent aussi les campagnes et qui sont, au moins en partie, les conséquences des périodes de crise qu’a connu ce siècle. Si, au xvie siècle, les bons laboureurs possédaient une trentaine d’hectares travaillés avec deux paires de mules, à la fin du xviie, ils en ont 80 et six ou sept paires, sans compter celles qu’ils élèvent et que la production accrue d’orge permet de nourrir. Nous sommes seulement sûrs que la sous-location de copyholds de même que la location de terre en freehold étaient très répandues au xviie siècle. En dessous, il y a les errants et les mendiants. (Eds.). Mais à quoi bon avoir une charrue si on ne peut acheter et surtout nourrir les animaux, bœufs ou chevaux, susceptibles de la tirer ? 23Mais ce ne sont pas là les seuls revenus dont disposent nos « principaux » : location de terres et maisons, rentes constituées, bons du trésor (juros), prêt à intérêt, affermage de revenus divers, municipaux, seigneuriaux ou royaux, de dîmes, administration de seigneuries, de commande-ries des ordres militaires, de biens en tutelle ou curatelle, etc. Ajoutons qu’ils pratiquent une forte endogamie sociale et locale, quand le village n’est pas trop peu peuplé, nouant souvent des alliances avec les mêmes familles18. T. II : L’Âge classique (1340-1789). 11 Brumont Francis, Paysans de Vieille-Castille…, op. C’est la Tierra de Campos qui devra alors se charger de nourrir la capitale : au xviiie siècle, la production de blé y augmente beaucoup plus vite que la population, répondant une fois encore aux incitations du marché. L’accumulation trouvait donc ainsi ses propres limites : on se heurte au rendement décroissant du capital accumulé en terres. ), La Terre et les Hommes : France et Grande-Bretagne (xviie-xviiie siècle), Paris, Hachette, coll. Repris dans Goubert Pierre et Roche Daniel, Les Français et l’Ancien Régime, Paris, Colin, 1984, t. 1 : La Société et l’État. 27 Broad John, « The fate of the Midland yeoman : tenants, copyholders, and freeholders as farmers in north Buckinghamshire, 1620-1800 », Continuity and Change, 14, 3 (1999), p. 325-347. Dans la région toulousaine38, il désigne toute une catégorie particulière de brassiers (= journaliers) dont la spécialité est de labourer. 3L’immensité du territoire, sa diversité, c’est là que réside la grande difficulté de l’étude de la société rurale dans les royaumes d’Espagne. ), Historia de España Menéndez Pidal, t. XXIII : La Crisis del siglo xvii. 27En théorie, cet allégement de la pression démographique devrait avoir des conséquences favorables sur l’économie rurale en permettant une hausse de la productivité agricole, puisque les mauvaises terres que l’on avait dû mettre en culture dans la deuxième moitié du xvie siècle pouvaient retourner à la friche ou à la pâture. Vivre en ville au XIXe La ville est, par opposition à la campagne, un lieu de concentration d’hommes. 1Étudier la stratification sociale à la campagne est une pratique difficile dont on a même pu contester la légitimité, une opération « impossible », « non pertinente » et pourtant « nécessaire1 ». 80Les sociétés moyennes de l’Ouest sont caractérisées partout par une hiérarchie tripartite, dominée par un groupe plus ou moins important de paysans moyens. La naissance est réservée aux femmes de la maison avec notamment la matrone, une sorte de sage-femme … Ils disposent souvent d’une vache, de quelques moutons et porcs, ils récoltent un peu d’orge, de froment, de pois. Au XVIIe siècle, les scientifiques ne cessent de communiquer. Mais la manière de tenir la terre a une signification sociale. Il y a 3 idées principales durant ce siècle : 1) La prépondérance française qui reste manifeste. 62Dans les villages de champs ouverts, l’ensemble fait d’une tenure en copyhold et de droits dans les commons constituait une forme de propriété qui pouvait être achetée et vendue et qui fut souvent renforcé. Ils ont donné lieu à une étude importante, centrée sur leur recul au xviiie siècle30, mais qui peut être utilisée pour les présenter au siècle précédent. 8 Rubio Pérez Laureano, « Pequeña explotación y campesino acomodado en León durante el Antiguo régimen : de la consolidación estructural y el crecimiento del siglo xviii a las transformaciones capitalistas del xix », Saavedra Pegerto et Villares Ramón (dir. Ceci signifie qu’un nombre non négligeable de paysans ne sont pas propriétaires mais locataires de la terre qu’ils exploitent. Leur situation dépend de la coutume manoriale. 21La possession de terres étendues, plus de 250 ha en moyenne, et de troupeaux importants caractérise ce groupe, mais il faut bien distinguer entre ceux qui vivent comme des rentiers et ceux qui pratiquent le faire-valoir direct, avec l’aide de domestiques et de journaliers. Le modèle en est tracé par le texte de Vauban qui décrit un manœuvrier à la fois totalement indispensable dans les campagnes du xviie siècle et fort gêné pour « atteindre le bout de l’année ». Parmi la rémunération des bergers figurait souvent le droit d’inclure dans le troupeau du maître un certain nombre d’animaux. Par auteurs, Par personnes citées, Par mots clés, Par géographique, Par dossiers. Certains auraient bien voulu voir instaurer le droit d’aînesse, comme le montre la présence de deux ouvrages sur ce sujet chez un de nos laboureurs, mais cela n’était pas possible. Vous allez être redirigé vers OpenEdition Search. 38On s’attachera particulièrement à ce qui fait la différence avec la France ou l’Espagne. Les gros producteurs tournés vers le marché réagissent sans tarder à ces incitations. c) Boissons et buveurs en ville à la fin du XIXe siècle et à la Belle Époque d) Alcool et travail à la ville 2°) La place du boire et du manger a) Dans l’imaginaire populaire b) Le triomphe du « cabaret » et du « mastroquet » à la ville c) L’alcoolisation ouvrière 3°) Les normes … Conjoncture économique et démographique et structure sociale dans une région de grande culture de la crise du xviie siècle à la stabilisation de la Révolution (1640-1795), Paris, CTHS, 1989, 664 p. 42 Cabourdin Guy, Terre et hommes en Lorraine, 1550-1635 : Toulois et comté de Vaudémont, Nancy, université Nancy II, 1977, 2 vol., 764 p. 44 Merle Louis, La Métairie et l’évolution agraire de la Gâtine poitevine de la fin du Moyen Âge à la Révolution, Paris, SEVPEN, 1958, 252 p. ; Péret Jacques, Les Paysans de Gâtine Poitevine au xviiie siècle, La Crèche, Geste Édition, coll. Ils privilégient donc les céréales panifiables et le froment dont la demande s’accroît avec la croissance de la population et avec la hausse du montant des fermages (payés en grain). Les rois continuent d'embellir la ville mais ils commencent à se On lui empruntera ce petit extrait du Catéchisme du freeholder de 173328 : « Qui es-tu ?– je suis Untel, freeholder de Grande-Bretagne.De quels privilèges jouis-tu en tant que freeholder de Grande-Bretagne ?– en tant que freeholder de Grande-Bretagne, je jouis d’une reconnaissance civile plus considérable que le plus grand des sujets d’un Prince arbitraire. Le présent ouvrage rassemble une grande partie des articles et communications que Brigitte Maillard a écrits tout au long de sa carrière d'enseignante et de chercheur. Siglos xviii-xx, t. I : Campesino y pequeña explotación, Barcelone, Crítica, 1991, p. 249. Il faut donc examiner le phénomène de plus près et ne pas s’en tenir à la production céréalière. Il n’est pas exclu d’ailleurs que même de plus grands propriétaires prennent des terres en fermage, surtout au xviie siècle car le prix des baux est particulièrement bas. Les études les plus récentes tendent à montrer que les tenures en copyhold ont résisté plus longtemps que les auteurs anglais avaient eu tendance à l’affirmer précédemment et que, au xviiie siècle encore, au xviie siècle a fortiori, il ne faut pas les considérer comme une catégorie en voie d’extinction. 78On observe que les statuts sociaux ne peuvent s’analyser indépendamment du système social duquel ils sont partie prenante. Il valait deux fois plus vers 1550 et 2,4 fois plus vers 1590. C’est là le lot commun de tous les artisans, de Castille ou d’ailleurs, exerçant une triple activité : leur propre métier, le travail de leur petite exploitation et le travail pour autrui en tant que journalier, dans les périodes de forte activité et de hauts salaires (moisson). [...]. On l’imagine souvent ainsi. Au début du XIXe siècle, le monde paysan, marqué par une permanence des structures sociales et des techniques agraires, occupe une grande place dans la société française. Famille, mariage et transmission des biens à Pozuelo de Aravaca (1580-1640), Madrid, Casa de Velázquez, 2000, 362 p. Brumont Francis, Paysans de Vieille-Castille aux xvie et xviie siècles, Madrid, Casa de Velázquez, 1993, 502 p. García González Francisco, Las Estrategias de la diferencia. MacFarlane Alan, The Origins of English individualism : the family, property and social transition, Oxford, Blackwell Publishers, 1978, xvi-216 p. Overton Mark, Agricultural Revolution in England. 2 Amalric Jean-Pierre, « Au xviiie siècle : une agriculture bloquée ? II) La vie quotidienne 2.1 ) Manger et se vêtir - La nourriture sous l'Ancien Régime est à base de céréales : cela dépend de la richesse des terres où l'on se trouve et de sa fortune : du froment (blé) sur de bonnes terres. En cliquant sur OK, vous acceptez que Pimido.com utilise des cookies ou une technologie équivalente pour stocker et/ou accéder à des informations sur votre appareil. Si le cadre de départ est semblable (domaine appartenant en propre au seigneur, mouvances sur lesquelles il a la directe, donc des droits sur la terre et les hommes qui l’exploitent) la différence tient au fait qu’alors qu’en France ou en Espagne cette situation apparaît figée pendant tout l’Ancien Régime, en Angleterre elle est évolutive. L’évolution de la situation foncière (diminution du nombre des propriétaires-exploitants et des superficies qu’ils cultivent, déclin de la moyenne propriété) leur est cependant défavorable. La qualité de freeholder semble avoir une valeur indépendamment de son contenu économique. Aux marges de la société : pauvres et pauvreté, Le vigneron, la viticulture et la vinification, Marchands du Dauphiné à Bayonne et dans sa région au milieu du, Suggérer l'acquisition à votre bibliothèque. Malgré tout, les superficies ensemencées peuvent dépasser la centaine d’hectares (305 pour la plus vaste) ; ils doivent donc recourir à ces journaliers pourvus d’un attelage que nous avons signalés plus haut, exemple banal de complémentarité entre la grande et la petite exploitation. 75On classera ici ceux qui tirent la majeure partie de leurs revenus du travail salarié fait pour le compte d’autres agriculteurs. On y fera entrer les « haricotiers » du Beauvaisis, les « laboureurs à demi-charrue » (une charrue = environ une trentaine d’hectares) évoqués par Jean Jacquart, les « ménagers » du Sud de la France43 et la majeure partie des métayers, les closiers et bordagers de l’Ouest de la France44. Le grand fermier existe donc dans cette région aussi : plus du tiers (36 %) des exploitations louées à Ciudad Real entre 1600 et 1700 ont plus de 60 ha de terres labourables (le reste n’est pas spécifié) et une sur huit (13 %) à 100 ha, de quoi utiliser à plein temps trois ou quatre paires de mules, et c’est effectivement six mules dont dispose le seul de ces fermiers qui apparaît dans les inventaires.