Edito

Une relance du BTP au service des Martiniquais

Nous n’avons pas eu ces derniers mois beaucoup d’occasions de nous réjouir et d’être optimistes. Cependant, malgré les incertitudes socio-économiques du moment, la Martinique se doit de préparer très activement un retour à une vie plus normalisée.

Pour beaucoup de décideurs, le secteur du Bâtiment et des Travaux-Publics doit constituer un pilier de cette relance attendue depuis de nombreux mois.  Il y a plusieurs raisons objectives à cela. D’abord, le secteur n’a pas été mis à l’arrêt par l’épidémie de covid 19, il est en ordre de marche, même s’il a connu des perturbations. La production du secteur dépend essentiellement de la volonté des décideurs du territoires qu’ils soient publics ou privés et de nombreux projets sont prêts. Et enfin, le temps de réaction entre la décision et l’activité réelle pour les acteurs économiques et leurs salariés peut être très rapide.

Le contexte n’est cependant pas exempt de nuages et d’incertitudes, comme la flambée des prix des matériaux de construction, augmentation des frets maritimes, les difficultés de recrutement pour certains métiers, la concurrence à des prix pour le moins inquiétants d’entreprises non basées en Martinique attirées par les perspectives d’activité sur notre territoire.

Les entrepreneurs en Bâtiment et Travaux-Publics de Martinique sont néanmoins prêts à répondre aux appels d’offres qui de notre point de vue devraient déjà sortir plus massivement aujourd’hui pour assurer l’activité et les emplois de demain.

Les enjeux de la relance sont cette fois plus profonds. Il ne s’agit plus simplement de sauver une économie et des entreprises. Cette crise sanitaire a mis en lumière des problématiques humaines auxquelles il convient d’apporter une réponse rapide mais aussi durable.

Être au service des martiniquais est donc la vraie raison d’être de nos entreprises du BTP.

Bien des préoccupations et craintes légitimes de nos compatriotes seraient apaisées par la réalisation de bâtiments et autres ouvrages de génie-civil :

  • La reconstruction des établissements hospitaliers (Trinité, Saint-Esprit, Marin…) dont la vétusté a été au cœur de la gestion de la crise liée à l’épidémie de Covid 19
  • L’adaptation du bâti aux risques majeurs avec la poursuite des confortements parasismiques pour nos écoles, nos logements, les casernes de sapeurs-pompiers…
  • L’entretien plus régulier des infrastructures routières ; la fermeture inopinée du pont de Soudon au lamentin et les conséquences du glissement de Fond Saint-Jacques en fin 2020 viennent nous rappeler combien cette question devient vite prégnante pour certains citoyens contraints à de longs détours,
  • L’amélioration des réseaux d’adduction et de distribution d’eau potable pour éviter les pénuries qui ont injustement frappé certains d’entre-nous,
  • La mise aux normes des installations et dispositifs d’assainissement au moment où nous mettons en lumière les atouts de notre biodiversité exceptionnelle
  • La réalisation de plus de logements à caractère social alors que près de 10 000 demandes de logements ne trouvent pas encore de réponse,
  • La mise à disposition d’une énergie moins coûteuse, plus fiable et plus verte avec un renforcement des réseaux électriques, une amélioration de la performance de l’éclairage public et l’accélération de la transition énergétique vers les énergies renouvelables

Voilà quelques exemples très concrets de ce que peut attendre la population martiniquaise des décideurs locaux.

Voilà ce que nos entreprises locales peuvent permettre de réaliser dans les mois et les années prochaines.

Voilà ce que nous pouvons faire ensemble, chacun dans nos missions respectives.

La multiplication des appels d’offres infructueux dans le domaine du logement social, l’attribution récente de marchés de travaux à des entreprises non basées en Martinique et la présence affichée ouvertement de main d’œuvre étrangère sur certains chantiers montrent que nous payons au prix fort notre manque d’agilité et de considération pour cet important secteur de notre économie.

Au moment où nous nous préoccupons de l’image de notre secteur pour attirer vers nos entreprises un nombre croissant de jeunes martiniquais employables immédiatement, nous attendons des décideurs, collectivités publiques, bailleurs sociaux, privés… qu’ils agissent pour assurer aux acteurs une commande plus régulière dans des conditions de concurrence et de prix les plus loyales possibles.

Nous avons tous à y gagner sur le moyen et long terme, la Martinique a assurément à y gagner.

An nou kolé tèt, kolé zépol pou sa chanjé.

Steve PATOLE, 
Président du SEBTPAM